la dérive des continents

La naissance de l'idée de la mobilité horizontale des continents :
Au début du XXème siècle, l'explication dominante pour expliquer les différences d'altitude à la surface de la Terre est la contraction thermique de la Terre (suite à son refroidissement => diminution de son volume) qui aboutit à une surface ridée, comme l'est la surface d'une pomme desséchée, avec des creux (océans) et des bosses (montagnes). Des mouvements horizontaux sont connus (plis, nappes de charriage ...) mais apparaissent comme secondaires et conséquences des mouvements verticaux, ou du moins dérivant de la géométrie sphérique de la Terre en contraction. Dès 1915, Alfred Wegener propose une théorie de déplacement horizontal des continents. Cette théorie repose sur des observations scientifiques de 4 faits :
1- La distribution bimodale des altitudes (continents/océans)
Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, des campagnes de mesure de la profondeur des océans au moyen de câbles sondes sont menées.
Ces campagnes ont permis de connaitre grossièrement la profondeur des océans et d'arriver au constat que les altitudes sont majoritairement réparties de deux façons à la surface de la Terre :
- Les plateaux continentaux, - Le fond des océans.
La distribution bimodale des altitudes, si elle ne démontre pas la mobilité horizontale des continents, est un argument en défaveur des hypothèses de contraction thermique. En effet, dans le cas d'une contraction thermique engendrant des ondulations de surface, la distribution des altitudes devrait montrer une distribution uni-modale centrée sur la valeur moyenne : les altitudes des bosses et des creux se répartissent de part et d'autre de l'altitude moyenne. C'est ce que Wegener met en avant pour proposer son modèle.
Wegener s'oppose ainsi aux "fixistes", les opposants à la théorie des "mobilistes" tels que Wegener.
2 - Les tracés des côtes et correspondance des structures géologiques
Tracés des côtes :
Wegener remarque, comme d'autres scientifiques avant lui, que le tracé de la côte est de l'Amérique du Nord "s'emboite" avec le tracé de la côte ouest européenne et que la côte est de l'Amérique du Sud "s'emboite" avec le tracé de la côte ouest africaine.
Cela suggère que ces ensembles sont différents morceaux d'un même bloc qui se serait séparés, à la manière de pièces d'un puzzle.
Correspondance des structures géologiques :
Wegener remarque également une concordance entre les structures
géologiques à l'intérieur des continents.
La correspondance des structures géologiques (blocs continentaux
(boucliers) plus vieux que 2 milliards d'années) entre l'Amérique du Sud et
l'Afrique appuie l'argument de Wegener d'un même bloc qui se serait
séparé.
De plus, si l'on observe les chaînes de montagne des Appalaches (est des États-Unis), des Mauritanides (Mauritanie) et des Calédonides (Royaume- Uni et Scandinavie), ces 3 chaînes ne forment qu'un seul ensemble si l'on rapproche les continents américain, européen et africain.
3 - La distribution géographique des paléoclimats
Des marques de glaciations datant de 250 millions d'années peuvent être observées en Amérique du Sud, Afrique (sud), Inde et Australie (sud). Cela indique que ces parties du globe étaient recouvertes par une calotte glaciaire. Ces parties du globe étant pour certaines situées dans des zones tropicales, il est improbable qu'il ait pu y avoir une glaciation à ces endroits. Cela est donc un argument supplémentaire pour l'idée de la mobilité horizontale des continents : ces parties du globe se seraient déplacées des zones polaires vers les zones tropicales, expliquant ainsi que l'on y retrouve des traces de glaciations.
Wegener observe également des incohérences dans le sens d'écoulement des glaces observées dans ces zones. Le sens observé de cet écoulement est vers l'intérieur des continents (des points bas vers les points hauts; cas de l'Amérique du Sud, de l'Afrique, de l'Inde et l'Australie).
En revanche, si l'on rassemble toutes ces zones d'anciennes glaciations, on observe un sens d'écoulement cohérent.
4 - La distribution de certains fossiles
Certains fossiles d'espèces animales et végétales aujourd'hui éteintes ont été retrouvés sur plusieurs continents. Ces espèces ne pouvant pas traverser les océans, cela renforce l'hypothèse que les continents n'étaient pas séparés à l'époque où vivaient ces espèces fossilisées.
5- Le modèle de Wegener
Wegener émet donc l'hypothèse de l'existence, à la fin de l'ère Primaire (245 Ma), d'un super continent, la Pangée, qui se serait ensuite fracturé pour former les continents actuels.
Il conçut l'idée que les continents "flottaient" sur un matériau, qu'il ne put définir, et qu'ainsi ils pouvaient dériver les uns par rapport aux autres.
Merci à Louis pour cet article !!!
